Entrevue avec Sugar Sammy

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Nous avons eu la chance de rencontrer Sugar Sammy la semaine dernière à L’Olympia. On a profité du moment pour lui poser quelques questions.

Ma première question sera une question qu’on ne t’a jamais posée avant bien sûr, d’où vient le nom Sugar Sammy?

J’ai eu le nom Sugar Sammy à l’université, car j’organisais des soirées. C’est un surnom que les filles me donnaient, car je les faisais rentrer gratuitement et je leur donnais un traitement VIP. Par la suite, j’ai conservé le nom comme nom de compagnie : Sugar Sammy Présente.   Quand j’ai décidé de faire de l’humour à temps plein, j’ai dû garder Sugar Sammy naturellement, car on me connait sur ce nom. A 50 ans, je ne pourrais plus m’appeler Sugar Sammy ça va faire creepy (hahaha)

On sait que tu as  déménagé, car ça a fait la une du Journal de Montréal, j’aimerais savoir si tu es parti par toi-même ou tes parents t’ont mis dehors.

Non! Mes parents ne m’ont pas mis à la porte, je suis parti volontairement. C’était un peu naturel, car j’ai 39 ans. Je n’ai pas déménagé trop loin d’eux. Je les vois tous les jours.

Est-ce que tu penses déménager à l’extérieur de Montréal?

Oui et non. Je veux toujours garder ma résidence à Montréal, car j’adore ma ville. J’ai grandi ici! Ça fait partie de mon ADN donc je ne peux pas m’éloigner trop longtemps. Je suis montréalais dans mon cœur. Ça serait trop difficile. Avant que ça décolle au Québec, je voyageais 10 mois sur 12. Une fois que ma tournée sera finie, ça va devenir ma réalité encore d’être à l’extérieur beaucoup plus. Montréal, c’est ma ville, je suis en amour avec Montréal par contre comme artiste, il faut que j’évolue donc je dois passer à autre chose donc je dois voyager.

Tu te considères comme un humoriste ou un raconteur?

Je me vois plus comme un humoriste, un stand-up! Je ne raconte pas des histoires, mais des blagues toutes les 30 secondes.

Quel genre de musique que Sugar Sammy écoute dans sa voiture?

Moi j’aime un peu de tout. J’écoute beaucoup de musique des années 80’s. Je suis un fan de r & b, soul et funk. Jaime le hip hop français et américain des années 90. Je trouve que le hip-hop des années 90, il y avait plus de finesse. J’ai adoré les artistes français comme Doc Genéco, IAM, MC Solar, Oxmo Puccino etc… Aujourd’hui, le hip-hop n’est plus ce qu’il était.

On sait que tu es accompagné sur scène par DJ Yo-C que nous aimons bien aller écouter au Buonanotte. Est-ce que vous avez un rituel avant les spectacles?

Non, il a le feu vert. Je le laisse jouer avec son cœur. Il sait quoi faire, il sait comment aller chercher une foule. C’est pour ça qu’il est le meilleur DJ dans la province.

Et toi est-ce que tu as un rituel particulier alors?

Mon rituel à moi, ce n’est pas d’arriver trop tôt. J’arrive à 19 h 55 si le spectacle est à 20 h. Je n’aime pas être backstage trop longtemps avant un show. Il y a une énergie nerveuse que tout le monde a or  je ne veux pas que ça m’atteigne. D’habitude, je suis chez moi à faire autre chose. Je ne pense pas trop au spectacle. Ça me permet d’arriver sur la scène avec pleins d’énergie positive que je transmets tout de suite à la foule.

On passe du coq à l’âne, on aimerait savoir ce que tu penses des événements survenus à Paris?

J’ai quitté Paris vendredi à 13 heures, la journée des événements. J’étais là bas pendant 1 mois. Ça m’a affecté très profondément, car Paris est une ville que j’adore. J’ai pris le dernier vol d’Air Canada en direction de Montréal. Quand j’ai atterri, c’est là que j’ai su qu’est-ce qui se passait là bas. Pour me rendre à mes spectacles, je passais régulièrement par les endroits où il y a eu les drames. C’était très émotionnel pour moi. J’ai eu beaucoup de peine pendant tout le weekend. J’ai créé des liens d’amitié pendant mon séjour donc c’est dur. La ville de Paris que j’ai quitté hier ne sera pas la même demain. Les gens vont marcher dans les rues avec une forte présence militaire et policière. Ce sentiment doit être étrange. Je suis toujours sur le choc. En plus, je ne voulais plus prendre l’avion, car nous étions vendredi 13. Ça coûtait trop cher de payer pour un autre vol donc je suis parti.

Tu connais un succès fou avec ton émission “Ces gars-là”. Est-ce que tu aimerais jouer dans un long métrage? Si oui quel genre et quel rôle aimerais-tu avoir?

Bien sûr que oui!
En ce qui concerne le
rôle, c’est toujours choisir le bon projet donc je préfère attendre afin que je puisse choisir un scénario qui me va bien. Je ne vais pas choisir quelque chose par ce que quelqu’un veut que je le fasse. Je suis patient et j’attends. Je travaille aussi sur des projets personnels. J’ai tous pleins d’idées en tête. C’est une question de timing.

Est ce que l’on doit s’attendre à du nouveau matériel pour tes supplémentaires?

Il se peut à l’occasion que j’enlève ou que j’ajoute des choses sauf que la base du spectacle reste le même. Ce qui sera très différent pour moi c’est que j’en suis à mes dernières représentations pour ce show. Ça va être très émotif de dire au revoir à ce show qui est une grande partie de ma vie depuis les 4 dernières années.

Je trouve que ton show a révolutionné le Québec!

Pas juste le Québec, ça a révolutionné ma vie aussi. J’ai été content de le faire.

On sait que tu as fait le tour de la province, est ce que tu as eu à changer tes blagues lors que tu allais dans une ville où il y avait, disons moins d’immigrants?

Je ne change jamais mes blagues pour le côté sensible. Je les change seulement si les gens ne comprennent pas la référence donc je vais m’adapter. Les gens savent à quoi s’attendre quand ils viennent me voir. Mon public sait que je suis direct.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait faire carrière en humour au Québec?

Il faut travailler fort, il faut être original, il faut aller étape par étape. Il ne faut pas essayer de prendre des raccourcis.

Des raccourcis?

Certaines personnes ne font pas les bonnes choses quand ils commencent. Ils vont par exemple traduire du matériel des humoristes anglophones au lieu d’écrire des choses originales. Ce que je veux dire par de bonnes choses, c’est d’aller à l’école nationale de l’humour ou de commencer à faire des présentations dans les bars. Il ne faut pas prendre de raccourci et il faut travailler fort. On va te respecter comme ça.

Que penses-tu des gens qui essaient de bâtir leurs carrières à travers les réseaux sociaux?

Si tu veux être un humoriste, tout ce qui est médias sociaux doit faire partie de ton univers. Le noyau de ton plan d’affaires doit être ce que tu fais sur la scène. Si les gens te trouvent drôle sur Youtube, Instragram et Facebook, par contre tu n’as aucune capacité sur la scène, les gens vont venir te voir une seule fois et c’est fini. Ça prend des heures passées sur la scène pour être bon. Ça prend de l’expérience. Il faut travailler fort si tu veux être un humoriste pour longtemps. J’en ai vu plusieurs venir et partir, car ils ont pris des raccourcis.

Est-ce qu’il y a une question qu’on ne t’a jamais posé mais que tu aimerais qu’on te pose?

Non, on m’a posé toutes les questions possibles et imaginables.

Pour conclure notre entretien avec Sugar Sammy, on a joué à un jeu qui s’appelle: Blitz
Je lui nomme des noms, il doit me répondre par un seul mot.
Yvon Deschamps        Légende
Jean-Marc Parent     Raconteur
Mike Ward                 Sans peur
Eddy King                  Urban
Lise Dion                    Légende
Anthony Kavanagh     La France
Rachid Badouri          Danseur
Patrick Huard            Acteur
Russell Peter              International
Sugar Sammy             Wow

Sugar Sammy donnera quelques présentations de son spectacle You’re gonna rire. Si vous n’avez pas encore été le voir, ça sera votre dernière chance. Vous allez vraiment rire pour votre argent.
Je remercie Sugar Sammy de nous avoir accordé une entrevue et je remercie aussi Carla Beauvais de Groupe Style Communication.

L’entrevue a été réalisée par Jessica F.

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